Botnet : comprendre les PC zombies et s’en protéger
Découvrez comment des ordinateurs compromis peuvent être regroupés dans des réseaux contrôlés à distance et utilisés pour différentes attaques.
Lire l'articleDe l'exploitation de comptes e-mail au développement de chevaux de Troie bancaires, certaines affaires judiciaires ont montré comment Internet est devenu un terrain d'action majeur pour les cybercriminels. Retour sur six exemples qui permettent de comprendre l'évolution des menaces informatiques.
Les cyberattaques actuelles peuvent donner l'impression que la cybercriminalité est un phénomène récent. Pourtant, de nombreuses techniques aujourd'hui bien connues étaient déjà utilisées il y a plus de dix ans.
Le vol de mots de passe, les logiciels malveillants bancaires, le piratage de messageries, les fraudes financières et l'exploitation de données personnelles existaient déjà à grande échelle. Les affaires judiciaires permettent donc de comprendre comment les méthodes des cybercriminels se sont progressivement structurées.
Les six exemples présentés dans cet article appartiennent à des contextes différents. Certains concernent directement des ordinateurs infectés par des malwares, tandis que d'autres reposent davantage sur le piratage de comptes ou sur des circuits financiers clandestins.
L'objectif n'est pas de glorifier les personnes impliquées, mais de comprendre les techniques utilisées et les conséquences auxquelles peuvent conduire les attaques informatiques.
↑ Retour au sommaireHunter Moore est devenu connu au début des années 2010 pour avoir exploité le site IsAnyoneUp, sur lequel étaient publiées des images intimes sans le consentement des personnes concernées.
L'affaire a pris une dimension informatique lorsque les enquêteurs ont établi que Charles Evens avait obtenu des photographies en accédant sans autorisation à des comptes e-mail. Moore a ensuite plaidé coupable à des infractions fédérales liées à l'accès non autorisé à un ordinateur protégé et au vol d'identité aggravé.
En décembre 2015, Moore a été condamné à 30 mois de prison fédérale. Charles Evens, qui avait admis avoir compromis les comptes de nombreuses victimes, a également été condamné à une peine d'emprisonnement.
Cette affaire montre une réalité importante : le piratage d'une messagerie peut permettre d'accéder à des informations personnelles qui n'étaient pas destinées à être publiques. La sécurité d'un compte e-mail constitue donc une composante essentielle de la protection de la vie privée.
Pour mieux comprendre les risques liés au vol de comptes, consultez notre guide consacré au vol d'identifiants et à la protection des comptes en ligne.
↑ Retour au sommaireLe pirate roumain Marcel Lehel Lazar, connu sous le pseudonyme de Guccifer, s'est fait connaître pour avoir obtenu un accès non autorisé à de nombreux comptes appartenant notamment à des personnalités américaines.
Selon le Department of Justice américain, Lazar a compromis des comptes de messagerie et de réseaux sociaux appartenant à environ une centaine de personnes entre 2012 et 2014. Il recherchait notamment des informations personnelles et des correspondances privées.
L'affaire rappelle que les informations disponibles publiquement sur une personne peuvent parfois être utilisées pour faciliter une attaque contre ses comptes. Les questions de récupération, les informations personnelles et les habitudes numériques peuvent constituer des éléments importants dans une tentative de compromission.
En 2016, Guccifer a été condamné aux États-Unis à 52 mois de prison pour accès non autorisé à un ordinateur protégé et vol d'identité aggravé.
Au début des années 2010, les enquêtes internationales ont également mis en évidence des réseaux organisés autour du vol de données bancaires. Les techniques pouvaient associer piratage informatique, récupération de données de cartes et utilisation frauduleuse des informations obtenues.
Ces opérations étaient rarement limitées à un seul individu. Des groupes pouvaient répartir les tâches entre plusieurs personnes : récupération des données, préparation de cartes, retrait d'argent, transfert des fonds ou blanchiment.
Les enquêtes menées dans différents pays ont ainsi montré que la cybercriminalité pouvait fonctionner comme une véritable économie clandestine, avec des spécialistes disposant chacun de compétences différentes.
Cette évolution explique également pourquoi les attaques informatiques modernes doivent être envisagées comme une chaîne complète. Un pirate n'a pas nécessairement besoin de réaliser toutes les étapes lui-même : certaines ressources peuvent être achetées, louées ou échangées dans des réseaux criminels.
Les attaques contre les banques ont également favorisé le développement de malwares capables de cibler directement les identifiants bancaires et les données financières.
↑ Retour au sommaireL'affaire Aleksandr Panin constitue l'un des exemples les plus connus de cybercriminalité organisée autour d'un malware bancaire.
Panin, également connu sous les pseudonymes « Gribodemon » et « Harderman », a plaidé coupable en janvier 2014 pour son rôle dans le développement et la distribution de SpyEye.
Le Department of Justice américain décrit SpyEye comme un malware conçu pour automatiser le vol d'informations confidentielles, notamment les identifiants bancaires, les informations de cartes de paiement, les noms d'utilisateur, les mots de passe et les codes PIN.
Le logiciel permettait également aux cybercriminels de contrôler à distance les ordinateurs infectés. Selon les estimations citées par le Department of Justice, SpyEye aurait infecté plus de 1,4 million d'ordinateurs.
L'intérêt de cette affaire pour la sécurité informatique est particulièrement important : elle montre qu'un malware peut devenir un produit destiné à d'autres cybercriminels, qui l'utilisent ensuite contre leurs propres victimes.
SpyEye était conçu pour récupérer des informations financières et personnelles sur les ordinateurs infectés.
Le logiciel pouvait être distribué à d'autres criminels, transformant le malware en outil destiné à alimenter plusieurs opérations frauduleuses.
Cette affaire permet de mieux comprendre pourquoi les chevaux de Troie bancaires ont représenté une menace importante pour les utilisateurs et les établissements financiers.
Pour approfondir le sujet, consultez notre article GameOver Zeus et CryptoLocker : comprendre et se protéger.
↑ Retour au sommaireL'affaire Charlie Shrem est différente des précédentes : elle ne porte pas principalement sur la création d'un malware ou le piratage direct d'ordinateurs.
Charlie Shrem était dirigeant de BitInstant et vice-président de la Bitcoin Foundation. En 2014, il a plaidé coupable aux États-Unis dans une affaire liée à la transmission de bitcoins destinés à faciliter des achats de drogues sur Silk Road, une plateforme clandestine.
Le Department of Justice américain a indiqué que Shrem avait participé à la transmission d'environ un million de dollars en bitcoins destinés à ce type d'activité. Il a été condamné en décembre 2014 à deux ans de prison.
Cette affaire rappelle que la cybercriminalité ne concerne pas uniquement les infections informatiques. Les infrastructures numériques et les moyens de paiement peuvent également être utilisés pour faciliter des activités illégales.
Les distributeurs automatiques de billets ont eux aussi été ciblés par des logiciels malveillants. Au milieu des années 2010, plusieurs enquêtes ont montré qu'il était possible de compromettre des distributeurs fonctionnant sous Windows afin de provoquer des retraits frauduleux.
Le malware Tyupkin, par exemple, a été observé sur des distributeurs automatiques en Europe de l'Est. Selon les informations publiées à l'époque par Kaspersky et relayées par The Guardian, des machines avaient été infectées et des complices pouvaient ensuite retirer de l'argent à certains moments déterminés.
Ce type d'attaque montre que la sécurité informatique ne concerne pas uniquement les ordinateurs personnels. Les systèmes embarqués, les terminaux de paiement et les infrastructures bancaires sont eux aussi des cibles potentielles.
Les attaques contre les distributeurs reposent d'ailleurs sur une combinaison de sécurité physique et informatique. Même un système correctement protégé peut être exposé si un attaquant parvient à accéder physiquement à la machine.
↑ Retour au sommaireCes affaires sont anciennes, mais les mécanismes qu'elles illustrent sont toujours présents dans la cybersécurité moderne.
Le piratage d'une messagerie peut permettre d'accéder à des données privées, de réinitialiser d'autres comptes ou de récupérer des informations utiles pour une fraude.
SpyEye montre qu'un logiciel malveillant peut être conçu spécifiquement pour voler des informations financières et être utilisé contre de nombreuses victimes.
Les différentes affaires montrent que plusieurs acteurs peuvent intervenir dans une même opération, chacun disposant d'un rôle particulier.
Ordinateurs, messageries, banques, distributeurs et services en ligne peuvent tous devenir des cibles lorsqu'ils présentent une opportunité intéressante pour un attaquant.
Les cybercriminels ont également appris à combiner différentes méthodes. Une attaque peut commencer par un message frauduleux, conduire au vol d'identifiants, permettre l'installation d'un logiciel malveillant puis déboucher sur une fraude financière.
C'est pourquoi la protection d'un ordinateur ne doit pas reposer sur un seul outil. Les mises à jour, les mots de passe uniques, l'authentification multifacteur, la prudence face aux messages et la surveillance des activités inhabituelles constituent plusieurs couches complémentaires.
Les techniques modernes peuvent également exploiter l'ingénierie sociale. Les attaques ClickFix, par exemple, cherchent à convaincre l'utilisateur d'exécuter lui-même une action dangereuse.
↑ Retour au sommaireLes affaires historiques présentées ici permettent surtout de dégager quelques règles simples qui restent valables pour un utilisateur particulier.
Les mises à jour corrigent régulièrement des vulnérabilités pouvant être exploitées par des attaquants.
Un mot de passe compromis sur un service ne doit pas permettre d'accéder automatiquement à vos autres comptes.
Lorsqu'elle est proposée, elle ajoute une barrière supplémentaire en cas de vol du mot de passe.
Un document, une fausse mise à jour ou une page frauduleuse peuvent servir de point de départ à une attaque.
Une connexion inconnue, un compte qui change de comportement ou une activité financière suspecte doivent être pris au sérieux.
Antivirus, pare-feu, mises à jour, sauvegardes et bonnes pratiques se complètent. Aucune solution ne remplace à elle seule la vigilance de l'utilisateur.
Pour aller plus loin, consultez notre guide complet pour sécuriser un PC Windows.
↑ Retour au sommaireLa cybercriminalité désigne les activités illégales qui utilisent des ordinateurs, des réseaux, Internet ou des systèmes numériques pour commettre une infraction, voler des informations ou faciliter une fraude.
Elles permettent de comprendre l'origine de techniques qui existent toujours, notamment le vol d'identifiants, les malwares bancaires, les fraudes en ligne et l'exploitation de données personnelles.
SpyEye était un logiciel malveillant, plus précisément un cheval de Troie bancaire. Il était conçu pour voler des informations financières et personnelles sur les ordinateurs infectés.
Oui. Une messagerie peut servir à récupérer des liens de réinitialisation, des documents, des informations personnelles ou des codes utilisés par d'autres services.
Non. Bitcoin est une cryptomonnaie. Certaines affaires criminelles ont utilisé cette monnaie, mais cela ne signifie pas que Bitcoin est en lui-même un outil criminel.
Non. Les téléphones, comptes en ligne, serveurs, routeurs, objets connectés, distributeurs automatiques et autres systèmes numériques peuvent également être ciblés.
Utilisez des mots de passe uniques et robustes, activez l'authentification multifacteur et soyez prudent face aux e-mails, SMS et pages de connexion inattendus.
Évitez d'utiliser l'ordinateur compromis pour effectuer des opérations sensibles, lancez une analyse de sécurité et changez les mots de passe depuis un appareil fiable si nécessaire. Vous pouvez également consulter notre guide pour désinfecter gratuitement un PC Windows.
Les outils et les techniques ont évolué, mais plusieurs objectifs restent similaires : obtenir des identifiants, voler des données, prendre le contrôle d'un système ou gagner de l'argent.
Les six exemples évoqués dans cet article montrent que la cybercriminalité a rapidement dépassé le simple piratage individuel.
Les méthodes ont depuis évolué, mais les principes fondamentaux restent proches. Les cybercriminels cherchent toujours à exploiter une faiblesse : un compte mal protégé, un logiciel vulnérable, une erreur humaine ou une infrastructure insuffisamment sécurisée.
Pour les utilisateurs, la meilleure réponse consiste donc à multiplier les protections : maintenir ses appareils à jour, utiliser des mots de passe uniques, activer l'authentification multifacteur, sauvegarder ses données et apprendre à reconnaître les tentatives de fraude.
Découvrez comment des ordinateurs compromis peuvent être regroupés dans des réseaux contrôlés à distance et utilisés pour différentes attaques.
Lire l'articleComprenez les principales techniques utilisées pour tenter de récupérer des informations personnelles et financières.
Lire l'articleDécouvrez pourquoi le vol de cookies peut permettre à un attaquant de contourner certaines protections de compte.
Lire l'articleDécouvrez comment l'intelligence artificielle peut modifier les méthodes utilisées dans les futures cyberattaques.
Lire l'articleApprenez à mieux protéger vos fichiers contre les rançongiciels et à réduire les conséquences d'une infection.
Lire l'articleComprenez comment fonctionnent les attaques par saturation et quelles mesures peuvent contribuer à s'en protéger.
Lire l'articleDernière mise à jour éditoriale : 23 septembre 2026.